Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par P.S.
Publié dans : #Poèmes

 

 

 

 

 

 

 

 




La maison de Chronos, le maître de ce temps,
Royaume de l'obscur, de l'éternité noire,
Perdue parmi des blocs de glace dérivants,
Que même les incubes évitent en se signant,


La planète aux anneaux est la prison des âmes.
Terre maudite, exil de plomb et de silence,
Négation des plaisirs, tombeau des décadences,
Ultime effacement des abjections infâmes.

Les esprits révoltés, freinant des quatre fers,
Qui riaient de bon coeur en parlant des Enfers,
Qui massacraient la Vie et détestaient l'Amour,
Sont envoyées ici sans espoir de retour.

Saturne des Romains, à la colère froide,
Aux phalanges crispées et à la nuque roide,
Impassible gardien des plus grands criminels,
Inspecte ses verrous de ses sombres prunelles.

Des clepsydres vidées trônent, silencieuses,
Sur le même établi qu'un sablier sans âge
Où les grains de silice, par leur étroit passage,
S'écoulent en volutes inverses et malicieuses.

Dans ses geôles, j'ai croupi pendant cent mille années,
Mais pour bonne conduite, Chronos m'a relâché.
Je suis vierge à nouveau mais n'ai rien oublié :
J'ai recraché le philtre qu'il m'avait donné.

Je suis autorisé à reprendre ma route.
Derrière mes barreaux, je n'ai pensé qu'à çà.
Le temps perdu me hante, et la faim, tu t'en doutes.
Les vents solaires me poussent, je navigue vers toi.

J'arriverai demain, et tu ne m'attends pas.
Je compte, je te le dis, ma bien-aimée Gaïa,
Reprendre notre affaire où nous l'avons laissée
Sans être interrompu avant cent mille années.





in "Les Eclosions Asynchrones" - dépôt SNAC n° 8-0222

Commenter cet article