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Les Eclosions Asynchrones

Les Eclosions Asynchrones

Auto-édition, romans, poésie, spiritualité

Publié le par philippe souchet
Publié dans : #Poèmes

Tu apparais à l'huis donnant sur la terrasse,
Les étoiles pâlissent, jalouses de ta grâce.
La Lune se rit d'elles : « Moi, je ne crains personne ! »
Car tu n'existes pas pour cette fanfaronne.

Alors tu fais un pas, nue comme aux premiers temps,
Allumant l'Univers de tes formes divines.
Dans le cosmique envol de ce commencement,
Les étoiles se vengent, Sélène a triste mine.

Devant tant de splendeur, elle voile sa face
Voudrait bien être ailleurs, se tortille et grimace.
Elle se tourne enfin, rongée de désespoir,
Recouvrant la Terre de la nuit la plus noire.

Les Royaumes obscurs appartiennent au vent
Qui se dit en lui-même, constatant ta victoire,
Que tu es le joyau qui manquait à sa gloire.
Eole est capricieux, il te veut promptement.

Il pense à t'enlever, faire de toi sa reine.
Mais alors tu chantonnes et ta voix magicienne
S'envole vers les cieux porter le doux message
De tes lèvres sucrées et de rêves peu sages.

Ta comptine joyeuse, en volutes subtiles,
Eveille le printemps de sa froide torpeur.
Le vent court, effrayé par ce nouveau péril,
Chercher dans une grotte écho à sa douleur

Attiré par le bruit, apparaît le Soleil.
Devant tant de rondeur, son désir se réveille.
Il prend le long chemin qui va jusqu'à ta peau.
Mais Phœbos est trop gros, malhabile et lourdaud,

Il hâte en se traînant, il en pleure de rage.
Alors je te rejoins, je te prends et t'enlace.
Le Soleil me maudit pendant que je t'embrasse,
Noyant son infortune en une pluie d'orage.



© Les Eclosions Asynchrones - dépôt SNAC n°8-0222

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Ajmone 15/01/2009 14:58

S'en éloigner pour mieux y revenir. L'alexandrin est quand même Le Vers par excellence. Sa musicalité est sans pareille.

Ceci dit, si tu permets, l'alexandrin ne supporte pas de "e" muet à la césure. Quelques poètes comme Rimbaud n'en ont toutefois pas tenu compte et on ne peut pas leur en vouloir, hein !
Mais le risque est d'avoir des vers bancals.
exemple :
"Les étoiles se vengent, Sélène a triste mine."
(Apparemment tu ne comptes pas la seconde syllabe de "vengent" sinon tu as 13 pieds (le vers, pas toi, bien sûr)
Mais dans
"Recouvrant la Terre de la nuit la plus noire."
tu comptes la dernière syllabe de "Terre" pour obtenir les 12 pieds.

Pas facile parce qu'en Français, beaucoup de mots se terminent par un "e" muet mais dans la difficulté repose la beauté. (Ca fait pompeux mais, tant pis, j'assume ;) )

philippe souchet 15/01/2009 23:59


Je voulais employer la ponctuation pour forcer la respiration du lecteur, et donc le e muet, comme en fin de vers, mais tu as raison, ce n'est pas dans le droit canon de l'alexandrin.
Et je te suis complètement " dans la difficulté repose la beauté" !


Ajmone 13/01/2009 19:08

Beau poème, avec une touche d'humour. L'alexandrin apporte sa petite musique (de nuit)

philippe souchet 14/01/2009 23:05


Merci !
Je joue beaucoup avec les structures et les thèmes classiques. Il faudrait que je m'en éloigne, maintenant ;-)
Philippe